EDITO MARS 2020

 

Pour bien commencer cette année, j’ai pensé qu’un article du Professeur Albert Doppagne, membre du Conseil International de la langue francaise, vous interesserait, car il nous parle de mots qui concernent les phaléristes que nous sommes. Voici son texte avec le titre

 
 
“Bon langage: les deux cotés de la médaille”

 Parler de l’endroit et de l’envers d’une médaille constitue une double imprécision ou une preuve d’ignorance, ignorance de la langue tout au moins.

 Il existe en effet des termes propres pour désigner chacune des faces de la médaille et l’on est même assez surpris de la richesse de ce vocabulaire. Il n’y a pas moins de cinq mots pour désigner le beau côté, et deux pour l’autre. Cela mérite attention.

 D’abord le terme face, qui désigne le côté principal, le plus intéressant, le plus significatif : c’est ce terme qu’à juste titre on a retenu dans l’expression pile ou face.

Les spécialistes de cet art qu’est la gravure en médaille accorde cependant leur préférence au mot avers : l’avers de la médaille. Jadis, on disait aussi l’obvers et le terme figure encore dans nos dictionnaires.

 L’avers, en numismatique, s’oppose exactement au terme revers et non à envers, mot auquel il n’est pas fait recours.

 Au lieu de face ou d’avers on dit aussi, très judicieusement, droit : le droit de la médaille, et aussi la tête parce que c’est de ce côté qu’est gravée la tête du personnage que la médaille veut honorer. Pour traduire l’expression pile ou face, mon dialecte wallon dit encore pile ou tête, tout à fait en harmonie avec l’acception française.

 Cinq termes donc pour le « beau côté » : avers, obvers, face, tête et droit. Deux seulement pour le côté opposé : pile et revers.

 Certains de ces termes sont entrés dans le langage courant, tout à fait étranger à l’art de la médaille et à la numismatique.

 Avec l’expression pile ou face d’une part, qui caractérise une sorte de jeu ; avec l’expression le revers de la médaille pour désigner l’aspect déplaisant, désagréable ou défavorable d’une chose que l’on voyait d’abord sous un jour plus séduisant.

 Un proverbe, enfin, nous enseigne que toute médaille a son revers, une autre façon de nous rappeler qu’il n’y a pas de roses sans épines.

(Publié initialement dans L’Instant du 3 octobre 1991)

 

Fin janvier, on apprenait le décès à l’âge de 101 ans du Wing Commander Paul Farnes, considéré comme le dernier héros vivant de la bataille d’Angleterre. Décoré de la Distinguished Flying Medal (DFM), il avait abattu six avions ennemis et endommagés six autres. Paul Farnes avait rejoint comme volontaire la Royal Air Force en 1938, puis mis a disposition du squadron 501 volant sur un Hurricane. Il participa a toute la campagne de France en 1940 et fut un des derniers pilotes britanniques à quitter le sol francais juste avant Dunkerque. En 1942, il fut envoyé comme instructeur et pilote à Malte et servit également en Afrique du Nord et en Iraq. A la fin de la guerre, il commandait deux escadrons de chasse en Angleterre. Il prit sa retraite de la RAF en 1958.

 Sur les 3000 pilotes engagés durant la bataille d’Angleterre, il n’y a plus que deux survivants, tous deux âgés de 100 ans, le lieutenant d’aviation William Clark et l’officier John Hemingway.

Encore une page qui se tourne…

 
J’espère vous voir nombreux à notre prochaine assemblée générale et à la visite du Musée de la Garde suisse papale le 14 mars prochain.